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La dépression : comprendre les symptômes et en parler

  • Photo du rédacteur: Antoine Le Corre
    Antoine Le Corre
  • 9 mars
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 11 mars

La dépression et ses formes multiples (les troubles dépressifs) est une affection mentale courante. Le point commun entre tous est la présence d’une humeur dépressive, c’est-à-dire un sentiment de tristesse, de vide ou de désespoir quotidien.


Le trouble dépressif caractérisé est la symptomatologie “classique” des troubles dépressifs. Il regroupe les symptômes auxquels on pense naturellement lorsque l’on imagine la dépression. D’après le site de santé publique, en 2024, 15,6 % des personnes entre 18 et 79 ans ont vécu un trouble dépressif caractérisé dans leur vie. Cet état dépressif est donc une réalité dont il faut tenir compte et qui traduit un certain malaise contemporain.


De façon schématique, le DSM-V, le manuel diagnostic des maladies mentales, liste les symptômes du trouble dépressif caractérisé de la façon suivante. Au moins cinq d’entre eux doivent être présents presque tous les jours sur une période de 2 semaines. 


  1. Humeur dépressive présente quasiment toute la journée signalée par la personne (p. ex. se sent triste, vide, sans espoir) ou observée par les autres (p. ex. pleure).

  2. Diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir pour toutes ou presque toutes les activités quasiment toute la journée.

  3. Perte ou gain de poids significatif en l’absence de régime ou diminution ou augmentation de l’appétit.

  4. Insomnie ou hypersomnie.

  5. Agitation ou ralentissement psychomoteur.

  6. Fatigue ou perte d’énergie.

  7. Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée.

  8. Diminution de l’aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision.

  9. Pensées de mort récurrentes.


Ce trouble est un état passager présent au minimum deux semaines. Ces critères sont utilisés par les professionnels de santé pour orienter le diagnostic et ne peuvent en aucun cas déterminer la présence de la pathologie avec un auto-diagnostic.


Il est parfois difficile de faire la différence entre tel ou tel trouble listé dans le DSM. C’est pourquoi l’objet ici n’est pas de discuter de catégorisation des troubles. 



Jeune homme en dépression


La description catégorielle de ce trouble est intéressante pour avoir une base commune de compréhension et savoir à peu près “ce que j’ai”. De plus, certaines personnes se sentent rassurées lorsqu’elles arrivent à s’identifier à un trouble spécifique. Cela soulage parfois de se dire “je ne suis pas seul”. A l’inverse, d’autres personnes ne supportent pas se faire catégoriser et avoir l’impression de porter une “étiquette”. Ces deux visions sont tout à fait légitimes et sont à prendre en compte dans votre psychologie.


Mais cette catégorisation reste limitée car elle ne s’intéresse pas au vécu subjectif de la personne. Que veut dire avoir une “humeur dépressive” ? Certes le DSM en parle comme un sentiment de vide ou de tristesse mais que veut dire ce vide spécifiquement chez moi ? Le vide est-il inhérent à la condition humaine ?

Pareil pour le deuxième critère. Pourquoi le monde a lentement perdu ses couleurs ? Quel est l’intérêt de prendre plaisir à faire quelque chose si la vie est comme ça ? 

Nous pouvons faire de même pour le critère 8 et la difficulté à penser. Pourquoi ai-je ce brouillard dans ma tête ? A quoi voudrais-je penser ? Pourquoi les gens ont l’air de ne se poser aucune question alors que moi si ? Comment arrêter toutes ces pensées qui tournent en rond dans ma tête ? 

Une infinité de questions comme celles-ci peuvent s’entrechoquer jour et nuit (critère 4) sans jamais qu’une réponse satisfaisante n’apparaisse.


Tous ces questionnements sont légitimes et racontent quelque chose de vous. Ils sont en quelque sorte une partie de votre personnalité. Les rejeter peut s’avérer parfois plus néfaste que protecteur. Il est souvent préférable d’en prendre conscience pour ne plus les subir.


C’est ce que l’on explore en thérapie. Mettre des mots sur des choses que l’on n’arrive pas à nommer, les transmettre à quelqu’un, et les travailler à deux permet de dégager un sens à tous ces symptômes pour envisager un avenir plus radieux. Comme écrit précédemment : vous n’êtes pas seul.


La première difficulté est de sauter le pas. En parler à quelqu’un pour la première fois est un saut dans le vide, un moment de confrontation face à ce que l’on veut fuir. Passer de l’idée “il faudrait que j’en parle” à l’action d’en parler peut prendre du temps. Il est essentiel de respecter votre rythme. Comme en thérapie. Votre temporalité est une priorité. Certaines personnes trouvent des réponses soulageantes rapidement quant à d’autres c’est un processus plus long et difficile. Le plus important, c’est d’en parler. Si vous souhaitez vous faire accompagner dans cette démarche, vous pouvez prendre rendez-vous avec moi ici.






Cet article est à vocation informative. Il ne remplace pas une consultation auprès d'un professionnel de santé.

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